Breaking Sew!, Mood

Particule(s) élémentaire(s)

Immédiatement reconnaissable et synonyme de luxe et de distinction, nous avons tous en tête une idée du style Givenchy : un parfum, une robe, une allure.

  

Il est d’usage de retracer le parcours d’un grand monsieur (au sens propre également car il mesurait près de 2 mètres) mais les rencontres qui ont jalonnées sa vie transcrivent à elles-seules, un bien plus vibrant hommage. Nous ne savons pas grand-chose de monsieur Givenchy, son raffinement n’ayant eu d’égal que sa discrétion. J’avais envie d’évoquer les belles rencontres, celles qui changent le cours du temps, pour le reste d’une vie.

Il y eu d’abord la rencontre avec son mentor et idole Cristobal Balenciaga qui encouragera le styliste tout au long de sa carrière. Je possède un sac à main de cette marque. Bleu pétrole, il va avec toutes mes tenues, je l’aime d’amour.

Si l’on vous dit : « How to steal a million ? » ou encore « Breakfast at Tiffany’s » vous penserez immédiatement à Audrey Hepburn, incontournable icône hollywoodienne avec qui Givenchy eut une « histoire d’amour d’un genre particulier ».

Rencontrée dans les années 50, ils formeront un duo jusqu’à élaborer cette élégance à la Hepburn, intemporelle. De lui, Audrey Hepburn dira lors d’une interview donnée en 1991 : « c’est lui qui m’a donné un look, un genre, une silhouette. C’est lui qui, visuellement, a fait de moi ce que je suis devenue. »

Ces mots raisonnent. Ils me paraissent très forts et tellement modernes dans ce qu’ils décrivent: L’identité visuelle.

C’est tout à fait cela. Aujourd’hui, comme hier, Il y a : ce que l’on est (son hérédité), ce que l’on fait (ses actes) ce que l’on dit (parfois à l’encontre, ou en dépit de ce que l’on fait) et puis, cette notion d’identité visuelle. Le détail qui fait que l’on vous identifie dans l’instant, comme un logo et sa marque. C’est ce qui fait devenir certains modèles, des icônes, et certains acteurs, des légendes. Dans notre société contemporaine, le visuel a pris une place prédominante dans la communication. Au travers notamment des réseaux sociaux, on se parle de moins en moins, pour autant, on se montre de plus en plus. Je me demande si Givenchy avait un avis sur la question. Quel regard pouvait-il porter sur l’époque, un brin schizophrène ?

Quoi qu’il en soit, la recherche d’identité visuelle ou les duos muse-pygmalions ont toujours nourris la créativité des artistes et les stylistes sont loin d’être exempts.

On se souvient de Jean-Paul Gauthier et Madonna, Karl Lagerfeld et Ines de la Fressange, et plus récemment Nicolas Ghesquière et Charlotte Gainsbourg ou encore Olivier Rousteing et Kim Kardashian. Les époques se succèdent et les artistes ont toujours noués des relations particulières avec une égérie, comme un tandem créatif.

 

Monsieur Hubert de Givenchy s’en est allé, en ce début d’année 2018. Issu de la noblesse française, visionnaire et résolument moderne, Il a choisi de laisser la particule de côté.

Il a connu la guerre/la victoire, aura porté aux nues la féminité dans ce qu’elle a de plus distingué (mot volontairement désuet).

La griffe Givenchy, quant à elle, raisonnera pour toujours, comme ancrée dans l’ADN de la haute-couture française, un fondamental telles que sont les particules élémentaires.

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